Extrait de ses Œuvres
 
 
Paul Carton
 
 
 
Paul Carton (1875-1947) et Hippocrate de Cos (460-377 avant l’ère chrétienne)
 
 
 
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L’Essentiel de la Doctrine
D’Hippocrate, extrait de ses œuvres
 
A.Maloine et Fils, Éditeurs, 27, rue
de l’Ecole de Médecine, Paris; Dr. Paul
Carton, Brévannes (Seine-et-Oise). 1923, 107 pp.
 
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Note éditoriale 2020:
 
Les enseignements des Maîtres de la Sagesse concernant la santé et la maladie coïncident avec la philosophie d’Hippocrate.  Ce n’est pas un hasard, car le Père de la Médecine était pythagoricien.
 
Dans la Lettre X des Lettres des Mahatmas, l’un des textes les plus importants de la littérature théosophique de tous les temps, on peut lire:
 
* «La Nature n’est ni bonne, ni méchante; elle se conforme simplement à des lois immuables, soit qu’elle donne la vie et la joie, soit qu’elle envoie la souffrance et la mort et détruise ce qu’elle a créé. La Nature a pour tout poison un antidote; ses lois ont une récompense pour toute souffrance.»
 
* «Réfléchissez profondément et vous constaterez que, sauf la mort (qui n’est pas un mal, mais une loi nécessaire) et les accidents (qui trouveront toujours leur récompense dans une vie future), l’origine de tout mal, grand ou petit, est dans l’action humaine, dans l’homme, qui est, par son intelligence, le seul être libre dans la Nature.»
 
* «Ce n’est pas la nature, mais l’homme qui crée les maladies. La mission et la destinée de l’homme dans l’économie de la nature est de mourir de mort naturelle, amenée par la vieillesse. Sauf accident, ni un sauvage, ni un animal sauvage (libre) ne meurent de maladie.»
 
* «L’alimentation, les rapports sexuels, la boisson, toutes ces choses sont des nécessités naturelles de la vie; cependant, leur excès amène la maladie, la misère, la souffrance mentale et physique et ces dernières sont transmises, sous forme des plus grands fléaux, aux générations futures, la descendance des coupables.»
 
* «L’ambition, le désir d’assurer le bonheur et le bien-être à ceux que nous aimons, en obtenant honneurs et richesse, sont des sentiments naturels dignes d’éloge; mais lorsqu’ils font de l’homme un tyran ambitieux et cruel, un avare, un égoïste, ils attirent des souffrances indicibles sur son entourage – sur les nations comme sur les individus.»
 
* «Ainsi tout cela, nourriture, fortune, ambition et mille autres choses impossibles à énumérer, devient la source et la cause du mal, soit que ces choses abondent, soit qu’elles soient absentes. Devenez un glouton, un débauché, un tyran, et vous ferez naître les maladies, les souffrances et les misères humaines.» (Lettres des Mahatmas, Lettre X, pp. 66-67)
 
Ces idées fondamentales de la philosophie théosophique sont également des principes de base de l’enseignement d’Hippocrate, comme on le voit à la lecture de l’ouvrage «L’Essentiel de la Doctrine d’Hippocrate».
 
À Propos de Paul Carton
 
Né le 12 mars 1875, Paul Carton exprime dans sa vie les caractéristiques positives et négatives du signe des Poissons, dans son troisième décan. Sa vision hippocratique de la santé humaine est de la plus haute importance. D’un autre côté, ses attaques radicales et sans fondement contre la franc-maçonnerie, la démocratie, la psychanalyse, l’homéopathie et le mouvement théosophique, tout en adoptant comme siennes les principaux concepts théosophiques enseignés par les mêmes ésotéristes qu’il critique [1], sont plus que paradoxal: ils n’ont aucun sens, sauf en tant qu’expression autodestructrice de rêves confus. Sa agressivité révèle les aspects absurdes de l’imagination pseudo-ésotérique. Sa défense aveugle des dogmes catholiques, produite par une idéalisation irréaliste, est pathétique. Ses livres sont sans aucun doute utiles aux chercheurs de la vérité.
 
Les nombreux échecs et succès de Carton constituent une leçon pour les ésotéristes: victoire et défaite coexistent; personne n’est parfait; la vérité et l’illusion vont souvent de pair; le discernement se fait petit à petit, et le progrès de l’âme humaine prend du temps. Il est facile d’agir comme le juge sévère des autres; il est difficile de construire quelque chose de précieux et de positif.
 
(Carlos Cardoso Aveline)
 
NOTE:
 
[1] Voir par exemple «La Science Occulte et Les Sciences Occultes», Paul Carton, Librairie Le François, Paris, 1935, 430 pp. Lire aussi «Le Faux Naturisme de Jean-Jacques Rousseau», Paul Carton, deuxième édition, 1951, 213 pages, Imp. Bussière, à Saint-Amand (Cher), France. Première édition, 1944, et « L’Apprentissage de la Santé », Paul Carton, Deuxième Édition, premier tome, 1937, Brévannes, France, 232 pp.
 
 
L’Essentiel de la Doctrine D’Hippocrate
 
Paul Carton
 
INTRODUCTION
 
La médecine moderne manque d’esprit traditionnel. Victime d’enrichissements scientifiques considérables et rapides, grisée par des succès immédiats et faciles, elle a renié ses origines, oublié son passé de sagesse, perdu ses antiques vertus de clairvoyance et de simplicité. Dédaigneuse des richesses spirituelles, elle étale à présent le luxe écrasant de ses acquis matériels et de ses énormes armements thérapeutiques. Aussi, est-elle devenue une personne fort encombrante, compliquée, combattive, infatuée d’elle-même et difficile à manier. Elle prétend tout diagnostiquer, tout expliquer par ses découvertes dernières et tout guérir par ses médications nouvelles. Elle ne se figure pas que, dans bien des cas, les Anciens guérissaient, peut-être moins vite, mais d’une façon plus solide et plus durable, en usant de procédés plus simples et plus naturels. Très fière des procédés d’immunité artificielle qu’elle a découverts, elle ne se rend pas compte que les guérisons subites des maladies aiguës,  effectuées d’une façon factice, vont à l’encontre des lois naturelles. En effet, un sérum, un vaccin ou un corps chimique injectés qui créent une crise de déséquilibre humoral et une réaction défensive de redressement, obligent l’organisme à contenir de force une intoxication débordante, mais la maladie, illogiquement jugulée, devra reparaître à quelque temps de là, sous une forme plus grave. L’organisme devra payer le surmenage imposé, l’intoxication refoulée, l’empoisonnement thérapeutique surajouté et surtout la persistance dans les causes lointaines,  mais réelles, du mal, c’est-à-dire dans les violations des lois de la vie saine, dans les fautes de régime et d’hygiène, qu’on n’aura su ni dépister ni corriger.  Ainsi s’explique que la diminution des maladies infectieuses aigües, réalisée  ces vingt dernières années par la thérapeutique exclusivement antimicrobienne, ait entraîné une recrudescence progressive des maladies chroniques (scléroses vasculaires, rénales, hépatiques; folies; suicides; cancer; diabète; albuminurie; etc.) En effet, la méconnaissance des lois de la santé, l’incompréhension des raisons générales d’apparition des maladies et le dédain des procédés de guérison qui visent avant tout au rétablissement et à la culture des immunités naturelles, ne peuvent engendrer qu’aveuglement, fausses médications, guérisons factices, transformations morbides, misères et malheurs.
 
Or, ces notions salutaires sont, à l’heure actuelle, à peu près inconnues de la médecine classique, qui ne croit qu’aux infections microbiennes et aux maladies de détail, qui ignore la genèse essentielle, unique et générale de toutes les affections multiples et locales; qui, par suite, verse dans les traitements symptomatiques et se livre de plus en plus aux médications chimiques, sérothérapiques et vaccinales.
 
Mais, à côté de cette médecine inclairvoyante,  il existe une école traditionnaliste ou naturiste qui, mieux instruite de son passé et meilleure gardienne des immuables vérités d’ordre général, étudie la complète constitution de l’être humain, sans négliger les liens puissants qui l’attachent à son milieu naturel. Elle a pu remonter ainsi jusqu’aux lois naturelles générales qui entretiennent la vie et la santé. Elle a vu que c’étaient principalement les fautes de régime et d’hygiène du corps et aussi les vices de conduite mentale qui déterminaient primitivement les troubles morbides généraux et faisaient se déclarer en fin de compte les maladies cataloguées. Elle en a déduit que la correction des errements matériels, vitaux et psychiques importait par-dessus tout, pour rétablir la santé  et que les immunités naturelles seules possédaient une valeur vraie et durable, pour préserver et guérir.
 
Néanmoins, elle ne dénie pas tout mérite aux moyens modernes de traitement, mais elle les utilise seulement dans ce qu’ils présentent de conforme à la loi naturelle et chaque fois qu’ils constituent un progrès réel, une acquisition bienfaisante, ou quand ils s’imposent comme une nécessité urgente. Bien que soucieuse de garder par-dessus tout l’axe traditionnel, elle ne se montre donc pas contemptrice sectaire des temps présents.
 
Cette médecine naturiste n’est pas une œuvre empirique ni une conception révolutionnaire. Elle est aussi vieille que la médecine elle-même. Elle possède ses racines les plus lointaines dans les écrits d’Hippocrate et elle suit la voie la plus ancienne et la mieux tracée, grâce aux  œuvres de ses continuateurs qui, dans tous les temps et tous les pays, se sont employés à conserver et à enrichir sa tradition à travers les siècles. [1]
 
Mais, dans ses principes essentiels de genèse des états morbides et de compréhension logique des traitements, la doctrine naturiste est déjà intégralement exprimée dans Hippocrate. C’est pourquoi les livres du Père de la Médecine resteront toujours la source de vérité à laquelle devront se retremper tous ceux qui voudront s’initier à l’art difficile, mais bienfaisant, de la conduite hygiénique et thérapeutique de leurs semblables.
 
D’ailleurs, les meilleurs cliniciens des générations passées ont proclamé l’excellence des principes naturistes d’Hippocrate  et recommandé l’étude et la méditation de ses œuvres.
 
«La médecine naturiste est la médecine traditionnelle», écrivait E. Chauffard [2]; «tous les grands observateurs et tous les grands praticiens se sont inclinés devant elle, en ont eu le culte et la ferveur. Je plains le médecin qui, à mesure qu’il observe et qu’il médite, ne sent pas croître en son esprit l’intelligence de la finalité médicatrice, ne saisit pas plus distinctement son influence et sa part dans la solution heureuse des maladies, n’a pas appris à la solliciter, à provoquer ses œuvres, à aider à ses efforts. La médecine des arcanes et des spécifiques s’efface de jour en jour;  mieux comprise, elle rentre dans les médications naturelles, dans celles qui s’appuient sur la nature médicatrice. Et ce naturisme, ce n’est en rien la déchéance et l’abandon de l’art; il en est la lumière; il ne l’affaiblit pas, il le fortifie et le guide.»
 
De son côté Hufeland [3] a proclamé que: «L’étude d’Hippocrate est pour le médecin ce que celle des Antiquités grecques est pour l’artiste.»
 
Trousseau et Pidoux [4] ont écrit: «La science a changé bien des fois depuis Hippocrate; et pourtant, ce grand homme a fondé la médecine sur des vérités premières tellement solides, qu’elles sont devenues le sens commun médical et les règles immuables de l’art. Ces principes, trouvés sans la science, ont vu passer à leurs pieds les flots changeants de celle-ci.»
 
«Pour se faire une idée complète de la doctrine tu Père de la Médecine, il faut lire et relire ses écrits», conseillait  Auber [5]; il faut en étudier le sens, en approfondir les textes; puis, après de longues et patientes méditations, extraire de tous ces livres les propositions fondamentales et les coordonner scientifiquement. Alors, avec de la persévérance on peut s’élever à la notion pure de la doctrine d’Hippocrate et apprécier l’esprit de la grande école de la Nature, dont il est le fondateur.»
 
Mais, pour retirer tout le profit désirable de la lecture des écrits hippocratiques, il faut reconnaître qu’on doit se livrer à un vrai travail de bénédictin. Il n’est pas aisé, en effet, de retrouver les règles capitales et de découvrir les aphorismes précieux, noyés dans une gangue surannée, afin d’en constituer un corps de doctrine lumineux et éducateur. C’est pour épargner ce travail fastidieux aux esprits désireux de mieux connaître la doctrine naturiste traditionnelle, que nous avons extrait les passages essentiels des livres d’Hippocrate et que nous avons regroupé méthodiquement les matériaux ainsi dégagés de part et d’autre, en un texte continu, éclairé simplement de titres qui résument le contenu des principaux alinéas.
 
Des deux traductions principales des œuvres d’Hippocrate: Gardeil [6] et Littré [7] nous avons sans hésitation choisi celle de Gardeil parce qu’elle est vraiment la plus précise, la plus alerte, la plus clairvoyante, la plus naturiste. Rarement nous avons préféré le texte de Littré, en l’indiquant. Il nous est arrivé assez souvent de modifier un peu le texte des traducteurs. Nous l’avons fait chaque fois qu’après confrontation des textes grecs et latins nous avons reconnu que la traduction s’écartait manifestement du sens rigoureux ou de l’esprit hippocratique.  Quelques passages ont même dû être repris complètement, parce qu’ils étaient non pas traduits, mais plutôt commentés et mal interprétés. En pareil cas, nous avons serré le texte original de plus près et rétabli sa signification réelle et précise.
 
 
 
NOTES:
 
[1] Voir: P. CARTON. Chapitre I du Traité de médecine, d’alimentation et d’hygiène naturistes.
 
[2] E. CHAUFFARD. La Vie, p. 365.
 
[3] HUFELAND. Manuel de médecine pratique, p. 56.
 
[4] TROUSSEAU ET PIDOUX. Traité de thérapeutique, Préface, p. VII.
 
[5] AUBER. Traité de la science médicale. Préface.
 
[6] GARDEIL. Œuvres d’Hippocrate. 2 vol. Delahaye, libraire. Paris, 1855.
 
[7]  LITTRÉ. Œuvres complètes d’Hippocrate. 10 vol. Baillière éditeur.
 
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Le livre “L’Essentiel de la Doctrine D’Hippocrate” a été publié dans les sites web associés le 21 janvier 2020.
 
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